Potoma et Zaargi (ou le livre des transformations) est un recueil écrit par Bernard Louis Lallement en 2014/2015.

A ce jour, il représente un volume de 445.650 caractères (espaces compris), soit 278 pages A 4.

Je n'ai pas encore finalisé de recueil. Compte tenu des personnes impliquées dans cette chronique relatant une succession et trois déménagements, ainsi que de l'impact affectif des lieux évoqués, je préfère attendre quelque temps avant de terminer vraiment cet ensemble et de le proposer à un éditeur. Cela ne m'empêche pas d'en lire publiquement une sélection d'extraits.

 

Où trouver ce recueil ?

Potoma et Zaargi (ou le livre des transformations)est pour l'instant inédit.

Des textes extraits de ce recueil entrent dans la composition de Paris au ciel et au bord de la mer.

 

ECOUTER LA LECTURE AUDIO D'UNE SELECTION DE TEXTES DE CETTE OEUVRE (Durée : 1 heure).

 

PRÉSENTATION

 

Ecrire, c’est pour arriver à donner à sentir ce que l’on ne peut pas dire. (Journal. 16 juillet 2015.)

Puisque je suis vivant, puisque ce chauffeur de camion ne nous a pas broyés dans la nuit, sur cette route du retour à Merlines, je vais essayer d’écrire la chronique de toutes ces transformations qui se sont produites dans ma vie, depuis le 17 août dernier, depuis le décès de ma tante, Micheline Lallement.

Je vais l’écrire, cette chronique, parce que je ne peux pas la dire, simplement, par des mots échangés avec un interlocuteur bienveillant. Il manque quelque chose, à chaque fois. La description des faits - banals en soi, si on les considère avec un peu de recul, emballer ses affaires, déménager, emménager, faisant partie des actes de la vie ordinaire de chacun, lorsque l’on a un toit ou que l’on n’est pas otage d’une guerre civile, comme toutes les familles qui n’ont pas les moyens de s’exiler pour fuir les exactions et les massacres - ne suffit pas pour transmettre tout ce que j’ai ressenti au fil de ces jours très particuliers. Derrière la description des faits se cachent donc une histoire plus secrète, un drame personnel, que je ne fais qu’entrevoir à ce jour.

Discerner plus précisément le sens de toutes ces transformations que j’ai vécues, que nous avons vécues, héritage, changements de domicile, vente d’une maison de famille, pour arriver à dépasser le strict champ de l’autobiographie et atteindre une vérité plus générale, (disons le mot : « universelle ») constitue la justification de ces pages qu’il m’a semblé nécessaire d’écrire.

(21 mai 2015.)

 

EXTRAIT DU TEXTE

 

[…]

- Tais-toi, monstre ! Tu as profané mon sanctuaire ! Par Jules Ferry, je te maudis ! Que toutes les briques des écoles primaires de France te saillent à la gueule ! Que toutes les portes des toilettes (les vieilles, en bois) te claquent dans les oreilles, comme mille gifles, à vous rendre sourds, toi, et ta suite, sur dix générations ! Charnières, gonds, crémones, sortez des cendres ! Comme mille abeilles, piquez, pointez, perforez, cet infâme ! Clous de toutes les écoles du monde, torturez l’outre qui ceint sa noire conscience !

- Arrête ton char, donzelle. Ce n’est pas moi qui détruis l’Ecole. Ce sont les technocrates, les forcenés de la réforme… Regarde les vieux manuels scolaires qui sont encore au fond de tes placards. Tes recueils de « Leçons de choses » étaient quand même moins abjects que ce que l’on trouve dans les livres de « S.V.T » d’aujourd’hui, non ? Tu es bien obligée de le reconnaître, Verlainette, malgré ton ressentiment à mon égard ! Et l’enseignement du français, de la belle langue française, ce qui a fait notre honneur malgré toutes les guerres - le théâtre vivait, pendant l’Occupation, à Paris ! On a créé Le Soulier de satin, en dépit de toutes les privations ! – regarde ce qu’ils en ont fait ! Ludique, ludique ! N’apprenant ni à lire, ni à voir, mélangeant tout ! Tu me diras qu’on leur apprend à lire les messages publicitaires et le baratin écrit sur les emballages, mais le rythme d’un poème de Baudelaire ? C’est pour les Martiens ! Tout sauf l’écriture ! Alors, mes pièges à loups, ils sont pour le brasseur.

- Quel brasseur ? Tu racontes n’importe quoi !

- Je peux vous inviter à dîner, ce soir ? »

 

Fin de la séquence éducative.

 

(15 juin 2015.)

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